Exclusions et responsabilités

Les guerres de ce monde sont le miroir de nos guerres intimes.

Notre place nous appartient, elle nous est due, quoi que nous fassions, quoi que nous ayons fait. 

Et pourtant, par loyauté, par culpabilité, par amour, il arrive à nos ancêtres d’être exclu(e)s de notre lignée, et d’accepter cette exclusion.

Une place manquante est une place qui est alors usurpée – occupée par un autre, en partie ou complètement. Un fils ou une fille, qui prend la place d’un père ou d’une mère, d’un oncle ou d’une tante, d’un grand-parent, d’un frère ou d’une sœur…

La recherche des exclus est le travail de base en constellation. Qui est exclu ou manquant, par qui ou par quelle circonstance ? La résolution mène toujours à la réintégration de l’exclu ou de l’absent.

Ce travail de réintégration se fait facilement dans les générations qui nous précèdent, mais se fait difficilement à notre étage. Pour le dire autrement, nous mettons moins de cœur à fortifier nos résistances à la réintégration d’exclus lorsqu’il s’agit de nos ancêtres lointains que lorsqu’il s’agit de nos ascendants directs, d’autant plus si nous sommes responsables de l’exclusion.

Nous subissons nos souffrances autant que nous les revendiquons dans cette confusion et illusion que nous sommes nos souffrances. Le processus de sortie d’un traumatisme prend du temps. Tous les accompagnements sont essentiels et demandent autant de courage, de persévérance, de foi, de confiance, que de patience. Car c’est un processus de déconstruction et de ré-élévation. 

Patiemment, nous œuvrons pour que nos ancêtres retrouvent leur place, leur dignité, leurs responsabilités. Nous reconnaissons et mesurons les souffrances de chacun, ainsi que les responsabilités de tous. C’est la reconnaissance des responsabilités de chacun qui permet la sortie du cercle infernal Victime – Bourreau – Sauveur, ainsi que de s’extraire de la tentation de créer l’illusion prophétique de soi comme l’éternelle Victime, l’autre comme l’éternel Bourreau et la recherche d’un Sauveur extérieur et complaisant dont la mission est de conforter l’état de victime et de maintenir l’existence du bourreau.

Une des difficultés majeures réside dans l’acceptation que nos parents et grands-parents occupent de droit leur place dans nos lignées, alors même que les relations avec ces derniers ont été les plus éprouvantes dans nos existences. 

Le processus de résolution, c’est à dire de dissolution de nos guerres intimes, consiste à rendre les armes, cesser de vouloir contrôler et réorganiser notre lignée depuis le point de vue de nos souffrances par l’exclusion de nos ascendants directs. 

Par loyauté envers nous, du fait de nos souffrances et de leur culpabilisation, ces ascendants directs accepteront d’être exclus ainsi que les contreparties démesurées ou éternelles que nous leurs demandons, ou pour le dire autrement, toutes les dettes et créances que nous échafaudons. 

C’est ainsi que nous les maintenons (et nous-mêmes) dans un enfer que nous créons, et que nous nous blessons de prendre en partie leur place.

Car comprenons bien ce qui se passe : Si j’exclue mon père ou ma mère, ma grand-mère ou mon grand-père, j’engage une partie de mon énergie, de mes pensées, de ma vigilance à être dans un lien de guerre avec celui ou celle que j’exclue. J’engage une partie de moi à exclure au quotidien. Car une exclusion n’est jamais définitive, elle n’est jamais passée, elle est toujours en cours. Il faut la maintenir, car on lutte contre un droit inaliénable. Cette guerre quotidienne je la mène contre mon ascendant et la déplace contre mon environnement.

En même temps, j’engage une autre partie de moi à occuper une partie de la place libérée par l’exclusion, voire la totalité de cette place en même temps que la mienne, que je ne peux dès lors occuper dans sa totalité, ou seulement par intermittence. 

Il se peut aussi que ce soit un de mes enfants qui prenne cette place vide, par loyauté et amour. Il ne vit pas sa vie, et prend le risque d’exprimer la personnalité de ce grand-parent ou arrière grand-parent avec lequel il est alors intriqué. Je suis alors l’architecte de l’intrication qui fera porter à mes enfants un destin et une personnalité que pourtant je m’applique à exclure.

Si j’occupe en partie la place de mon aïeul que j’exclue, et en partie ma place de mère ou de père, une partie de moi exprime dans mes relations à mes enfants la personnalité de celui ou celle que j’exclue, et une autre partie de moi exprime celle ou celui que je suis quand je suis à ma place. 

Il est alors essentiel de voir que mes comportements avec mes enfants qui me font pourtant souffrir et m’abîment par leur violence, leur injustice, leur disproportion relèvent de mon entière responsabilité actuelle (il s’agit bien de mon comportement), même si j’en ai appris la grammaire dans mes relations avec le parent que j’exclue. 

Il est dans le même temps tout aussi essentiel de reconnaître que si je manifeste ces comportements (dont je fais porter la responsabilité aux personnalités de ces parents ou grands-parents que j’exclue), c’est aussi parce que je les exclue et que j’occupe en partie leur place, ce dont je suis bien responsable

Il est intéressant de voir quelle partie de mon corps investit symboliquement la place de l’exclu (cela peut expliquer certaines douleurs chroniques).

Je savoure intensément cet instant où celui ou celle qui ouvre son système le temps d’une constellation – le dépositaire – accepte de rendre les armes :

Il ou elle laisse enfin son parent ou grand-parent reprendre sa place,

Il-elle accepte de rendre à son aïeul sa responsabilité de reprendre et garder sa place quelque soit la souffrance du dépositaire,

Il ou elle lui permet de cesser toute loyauté envers lui/elle-même qui le rend responsable d’accepter son exclusion, 

Il-elle accepte donc que ses ascendants soient dans un lien juste avec lui-elle, 

Il-elle libère son ascendant (et lui-même) de l’enfer qu’il créait,

Il-elle reprend sa propre responsabilité de s’être engagé(e) dans l’exclusion de son parent.

Il-elle prend conscience qu’il-elle est assez « grand », assez « fort » pour traverser, reconnaître, sa souffrance passée, telle qu’elle a été.

Il-elle reconnaît alors qu’il-elle a le droit de  grandir,

Qu’il-elle a donc un présent et un avenir qui ne sont pas son passé, et qu’il-elle a la vie devant lui-elle,

Il-elle reconnaît que sa place lui est due et qu’il-elle en est indéplaçable,

Il-elle accepte de perdre le contrôle,

Il-elle accepte la totalité de sa place et de sa lignée en héritage,

Et alors…

Une onde parcourt la lignée, la sève s’écoule à nouveau, l’héritage de sagesse, de justesse et de paix se transmet. Chacun devient soutient solide, les enfants retrouvent un horizon dégagé aux possibles démultipliés, et surtout, surtout, quelque chose lâche. Parfois sur l’instant, parfois le soir, parfois quelques jours après. Quelque chose lâche à l’intérieur de celui qui a osé, comme une grâce.

Je savoure cet instant, car me reviennent toutes mes larmes tranquilles, sans tristesse, sans émotion, uniques, qui ont coulé en douceur en ce moment où quelque chose a lâché : une guerre, tout simplement. 

Nous sommes entièrement responsable de nos guerres intimes, et c’est tant mieux. Parce que nous sommes donc en pouvoir d’y mettre fin.

Constellons,

Daphne Labbé de Montais

L’héritage de nos lignées

Être en paix est une prière à soi-même qui ouvre au plus grand des courages.

D‘abord, reconnaître sa souffrance.

Puis, rencontrer ses ancêtres.

Explorer son arbre, d’abord proche, puis lointain. 

Être témoin de l’épanouissement de nos ancêtres par leur propre reconnaissance de ce qui est en leur pouvoir : voir la réalité telle qu’elle fut, et prendre leur entière responsabilité dans cette réalité. 

Voir et reprendre les responsabilités qui furent les nôtres.

Et enfin, le chemin de paix :

Accepter tout son héritage, et le réclamer. 

Demander et accepter ainsi que chacun reprenne sa juste place dans cet arbre de vie. 

Réclamer que chacun prenne sa place dans l’arbre, c’est réclamer que l’arbre soit vivant dans chacune de ses branches et que tous ses fruits soient pleins. C’est un droit fondamental. Comme un commandement : « Ta place est indissociable de ton être »

Ainsi nous rendons les armes et cessons de vouloir exclure certains, prendre la place d’autres. Nous les accueillons, tous, en réalisant que ce ne sont pas leurs personnalités que nous accueillons, mais ce qu’ils sont éternellement.

Voir que chacun dans cet arbre est éternellement vivant, que son empreinte est nourrie et vibrante des expériences vécues sous toutes les formes, dans toutes les dimensions, incarnées et non incarnées. 

C‘est donc réaliser que c’est un héritage de sagesse, de conscience, d’expériences, de compassion, de responsabilité, de réalisation. 

Accepter la totalité de son héritage, c’est accepter bien plus que les quelques ancêtres que nous connaissons, bien plus que ceux que nous pouvons imaginer, c’est accepter tout ce qui a vécu, qui est mort, et qui est encore et toujours en vie. C’est accepter l’existence elle-même. Car en suivant les branches, nous remontons jusqu’aux poussières d’étoiles, jusqu’à la première étincelle. 

Ainsi nous rendons les armes et acceptons la réalité telle qu’elle est, la vie tout simplement, sans négocier ni juger, sans résister ni culpabiliser.

Alors, on peut s’appuyer sur cet héritage pour avoir le courage ultime de regarder ses propres mains, et prendre, à notre tour, le pouvoir qui est le nôtre : prendre notre entière responsabilité présente et voir la réalité telle qu’elle est, toujours.

Et la paix s’immisce en nous, grandit tranquillement. 

Je vous souhaite de rencontrer cette prière à vous-même, celle d’être en paix.

Constellons.

Daphne Labbé de Montais

La reconnaissance de la totalité comme expérience de la Liberté d’être

Il n’y a pas de distinction entre le manifesté et le non manifesté. Le manifesté est le manifesté du non-manifesté, le non-manifesté est le non-manifesté du manifesté. Le manifesté dans sa totalité est exactement le non-manifesté dans sa totalité.

ET, Chaque élément est la totalité, perçue à partir d’un point de vue. La totalité se perçoit dans chaque élément. Aucun élément n’est un morceau de la totalité. Aucun. Aucun élément n’est un morceau de la manifestation qui serait un morceau du non-manifesté. Il n’y a aucune séparation entre le manifesté et le non-manifesté. Le non-manifesté n’est pas une soupe à l’intérieur de laquelle un « on » viendrait piocher pour manifester un « truc ». Le non-manifesté est la totalité infinie, infinie dans ce qu’elle contient et infinie dans ses limites. Le manifesté est le non-manifesté, dans sa totalité. Nous apprenons à voir le manifesté et à ne pas voir le non-manifesté. Nous apprenons à croire que le non-manifesté est infini et que le manifesté est une partie du non-manifesté, et qu’il y a encore des « trucs » à manifester, qui se manifesteraient dans le temps. C’est une illusion.

En constellation systémique, il est bon parfois, lorsque la situation l’impose, de comprendre cette réalité. Comprendre qu’à l’origine de la réalisation du programme « corps humain » dans la fusion d’un spermatozoïde et d’un ovule, il n’y a pas un ovule qui serait la « maman » et un spermatozoïde qui serait le « papa », et que l’enfant qui naît serait « maman + papa ». Il y a tellement plus que « maman » dans l’ovule, et tellement plus que « papa » dans le spermatozoïde. Il y a l’humanité. Un enfant n’est pas un bout de « maman » ni un bout de « papa », il est l’humanité. Expérimenter ce décollement du matériel génétique des parents, ressentir toute l’humanité en soi et toute l’histoire de l’humanité en soi, c’est faire l’expérience vive que nous ne sommes pas nos parents. Ressentir toute la manifestation en soi et ressentir que ce manifesté est la totalité du non-manifesté, c’est ressentir que nous sommes la Totalité, et que nous pouvons donc être extrêmement différent de « papa + maman » et vivre un destin très différent. C’est bien de le dire, mais ce n’est pas parce que nous le disons que nous le comprenons, ni que nous le réalisons dans notre vie.

Nous croyons que nous sommes un bout de papa, un bout de maman, un bout de papa + maman, un bout de toutes nos expériences, un bout de …. Et que notre destin est inexorablement déterminé par nos lignées, par « papa », « maman » et « papa + maman ». Il est possible, petit à petit, de réaliser dans notre corps, dans nos gestes, dans nos paroles, dans nos envies, dans nos choix, que notre incarnation sur terre est permise par la fusion d’un ovule et d’un spermatozoïde. Fusion qui rappelle à notre souvenir la non-séparation. Non-séparation du manifesté et du non-manifesté. Non séparation à l’origine de la réalisation de ce corps que nous empruntons, comme à l’origine de tout le vivant.

Lorsque, pendant une constellation, un représentant dit très simplement « merci pour la vie » à l’un de ses parents, il ne dit rien d’autre que « je ne suis pas un morceau de toi, je ne suis pas un morceau. Je suis la totalité, tu es la totalité. Mon destin est d’exprimer cette totalité depuis un point de vue, ton destin est d’exprimer cette totalité depuis un autre point de vue.

Daphne Labbé de Montais

La responsabilité

Dans cet univers, nous expérimentons une dimension régie par le principe de causes et d’effets. Le mouvement incessant de notre univers est la réalisation constante de ce principe. Causes et effets. Un autre mot pour ce mouvement incessant issu de cette expérience première d’un souffle originel qui littéralement déforme un univers sans mouvement et le transforme en un univers de mouvement incessant et éternel, de multiplications et transformations, de réactions en chaîne, de modifications, est le terme « Karma ».

Loin de moi l’intention d’expliquer ce qu’est le Karma, loin de moi l’illusion d’avoir compris ce qu’était le Karma. Loin de moi l’arrogance de croire qu’il m’est possible de prédire les effets de toute manifestation et de leurs réactions en chaînes multidirectionnelles.

Juste une petite expérience, une petite réalisation.

D’abord, la grâce de reconnaître que tous les événements, d’instant en instant, ne sont pas « bons » ou « mauvais » ou « injustes », et qu’ils ne sont pas « ma » vie. Ils sont « la » vie. Tout simplement. La grâce de reconnaître qu’il existe un élément, celui de la cohésion (l’élément eau) qui entraîne l’illusion que tous ces événements dont je me souviens, par volonté, forment une histoire, « ma » vie. La grâce de reconnaître enfin qu’il n’y a pas d’histoire. La grâce de ressentir un amour immense, infini, éternel pour « ma » vie, qui n’est en vérité que « la » vie.

Puis l’expérience que tout est un tout de causes et d’effets. A tel point, que toutes les expériences, celles dont je me souviens, que j’ai sélectionnées, que j’ai remarquées, autant que toutes celles dont je ne me souviens pas, que j’ai écartées, que je n’ai pas remarquées, et que l’expérience même du souvenir, du choix, de la sélection, de la production d’une histoire, que l’élément même de la cohésion pour créer une illusion d’un « je » différencié à qui il arrive tous ces événements, tout cela sont les effets de toutes mes pensées, actions, paroles, silences, etc. de « cette vie-ci » comme de toutes mes « précédentes vies ».

Alors la densité de la réalisation de ma responsabilité. Mon entière responsabilité de tout ce qui m’arrive, que j’en ai conscience ou pas.

Alors, avec cette responsabilité, la libération, la légèreté.

En constellation, l’expérience de la responsabilité entraîne toujours une libération. Dans les constellations, nous croyons souvent que nous prenons nos responsabilités par rapport à un événement, un comportement, une souffrance. En réalité, dans les constellations, chacun prend ses responsabilités sans avoir la conscience de l’étendue de ces responsabilités. En réalité, non prenons nos responsabilités, toutes nos responsabilités, y compris celles dont nous n’avons pas conscience, y compris celles qui viennent d’un temps où nous n’existions pas.

Daphne Labbé de Montais

Ego

J’entends parfois dire que Ego est un outil de survie…Que sans lui, nous serions tous morts.

Qui d’autre que Ego peut dire une telle chose ?

Ego est l’illusion de la séparation, et cette illusion est un présent extrêmement précieux que nous adorons, construit à partir de toutes les expériences d’une réalité que nous apprenons à voir depuis le point de vue de la séparation, par toutes les personnes qui nous entourent et qui depuis le premier jour de notre naissance, nous apprennent à voir la réalité et à l’expérimenter depuis leur propre point de vue et expérience de la séparation. Nous apprenons un mensonge, et nous y croyons. Ce mensonge n’aide aucunement à la survie. L’Éveil ne nous met pas en danger de mort, quelque soit l’âge auquel nous nous éveillons.

Nous adorons cette expérience de la séparation, cette illusion d’être un « je » qui existe, différencié… c’est une expérience tellement inhabituelle. Nous chérissons cette expérience de l’individualité. C’est un cadeau, une illusion qui nous permet de vivre une expérience si opposée à celle que nous vivons tous lorsque nous échappons à la vie sur Terre, et que nous expérimentons parfois ici aussi. Cette réalité que nous sommes en vérité, éternellement.

Lorsque Ego se dissout, un rire innocent et puissant s’élève lorsque quelqu’un nous dit que Ego sert notre survie.

Daphne Labbé de Montais

La voie du silence

La densité du silence qui s’impose à soi.

Qui rentre dans le corps, le corps qui s’incline parce que l’esprit s’incline, devant la grandeur du silence.

Le silence qui rentre dans les articulations, dans le squelette, dans les muscles.

Alors plus rien ne porte, plus d’effort. Juste le silence et sa présence.

Comment parle le silence? quels mots emploie-t-il ? Parle-t-il ou est il seulement mouvement ?

Mouvement et immobilité du silence. En même temps.

Quand le silence s’impose de toute sa densité, quelque chose disparaît, quelque chose qui n’était pas vivant.

Le silence fait de la place, il pousse, écarte, ouvre, et rempli de silence.

Le frémissement de la vibration du silence à l’intérieur.

Et la lumière, depuis l’intérieur, se libère de sa concentration.

Daphne Labbé de Montais

Les constellations ne sont pas une thérapie

Les Constellations sont un Mystère, une voie d’exploration de notre souffle intime, de la danse qui nous anime, de ce qui nous dépasse et que nous ne pouvons comprendre.

Les constellations sont une danse. 

Avec nos ancêtres. 

Avec les éléments. 

Avec le Mystère. 

Avec les étoiles et les planètes. 

Avec nos Cellules. 

Avec notre ADN. 

Avec les Atomes. 

Avec l’Histoire. 

Avec la Mythologie. 

Avec les Archétypes.

Se laisser être cette totalité que nous sommes, et, de constellations en constellations, laisser le silence prendre le dessus.

Se déposséder de nos croyances, de nos attachements à ce que nous croyons être, à un passé que nous construisons au quotidien, à un avenir que nous souhaitons modeler.

Contacter notre petitesse et cette tendre et généreuse bonté qui nous enveloppe.

Entre-apercevoir que quoi que nous soyons (espèces « animales » ou « humaines », éléments, planètes, minéraux, sons, émotions, sentiments, idées…) nous sommes tous cette même vibration qui se manifeste sous des formes infinies à l’infini.

Être ensemble, aussi, très simplement.

Daphne Labbé de Montais

Cette totalité que nous sommes….

Les Constellations Familiales et Systémiques sont un support pour explorer l’univers infini que nous sommes.

Croire que les ancêtres, conjoints, amis, collègues, connaissances, qui habitent nos constellations familiales sont autant de personnes extérieures à nous, c’est croire qu’il y a un extérieur à nous. C’est croire que nous sommes séparés. C’est croire que nous contrôlons ce que nous sommes, et que ce que nous sommes est une forme identifiée. Or nous sommes espace en mouvement, nous sommes communion. Nous sommes un regard conscient.

Les personnes, les principes, les astres, les éléments, les corps et les organes, les chakras, les animaux, les peuples, les avatars, les communautés, les croyances, les cécités, les appétences, qui évoluent dans l’espace-temps des constellations ne sont que des parties de nous-mêmes que nous ne connaissons pas assez, qui nous agissent avec inconscience tant que nous refusons de les voir, contre lesquelles nous nous opposons et nous résistons, et que nous cherchons à cacher. 

Comprendre cela, l’expérimenter, c’est, pas à pas, avancer sur la voie de la confiance et de l’abandon à la Vie. C’est se défaire de nos identifications. Petit à petit. C’est aller à la rencontre de l’Autre en nous et à son accueil inconditionnel. C’est alors expérimenter que l’Autre n’existe pas, que l’Autre c’est nous. C’est voir que nous sommes espace, des maisons de verre en lesquelles il est impossible de cacher quoique ce soit. Vouloir cacher, c’est créer de l’ombre, un interdit, une soustraction à l’amour. 

Les Constellations sont un support à notre engagement à accepter et à voir la Réalité telle qu’elle est. Et voir la Réalité telle qu’elle est, c’est disparaître, se dissoudre en elle. Il ne reste plus qu’un regard, qui n’est pas le nôtre, qui n’appartient à personne. Et qui pourtant a quelque chose de la singularité.

In fine, à partir de ce regard, manifester le support d’engagement singulier à la fois issu et nourricier de ce regard. Plus le regard se désidentifie, et plus l’expression et la manifestation sont des explorations mises en partage de ce regard.

Daphne Labbé de Montais

Accepter la réalité telle qu’elle est

Les processus à l’œuvre dans les constellations systémiques pourraient se résumer en l’acceptation de la totalité de la réalité telle qu’elle est.

Accepter nos ancêtres, tous nos ancêtres.

Accepter nos ancêtres, tels qu’ils sont, dans la totalité de leurs expériences.

Accepter notre place, la totalité de notre place.

Accepter notre vie, la totalité de notre vie.

Accepter toutes nos expériences, dans leur totalité.

Accepter ce que nous sommes, dans notre totalité.

Accepter.

C’est ce processus d’acceptation qui conduit chaque représentant à la résolution, qui est une résorption du conflit, du traumatisme, du manque, des projections et des identifications.

Accepter la totalité de l’expérience c’est résorber.

Résorber l’autre en soi.

Résorber soi en l’autre.

Se résorber.

Que se passe-t-il lorsque j’accepte la totalité de l’expérience de la respiration ? J’expérimente que je ne respire pas, mais que quelque chose expire et inspire. J’expérimente que quelque chose ne respire pas, mais que quelque chose SE respire. J’expérimente qu’en même temps que quelque chose s’inspire, la même chose s’expire. Et qu’en même temps que quelque chose s’expire, quelque chose s’inspire. J’expérimente que la respiration n’est pas seulement pulmonaire. Et quelque chose de ce JE que j’emploie se questionne en profondeur.

Que se passe-t-il lorsque j’accepte la totalité d’une expérience traumatisante ? Lorsque j’accepte la totalité de l’expérience de la vie sur Terre ? Lorsque j’accepte la totalité de la réalité ?

J’aime la totalité de mon existence, j’aime toutes les expériences qui l’ont composée, j’aime. Les regards que j’ai posés sur toutes ces expériences disparaissent, il ne reste plus que « ma » vie. « Ma » vie disparaît, il ne reste plus que LA vie. Il ne reste plus que l’amour, il ne reste plus que la gratitude. Il ne reste plus que la grâce. 

Le traumatisme se résorbe, l’expérience de l’amour qui était là aussi s’invite et s’impose. 

Il est vu que lorsque je résiste, je dis non. Lorsque je dis non, c’est un non qui se croit sélectif, et qui en réalité est total. Lorsque je dis non, je dis non aussi à l’expérience de l’amour qui est toujours là mais qui n’est pas perçu au premier plan.  

Je dis non la plupart du temps. Mais lorsque je dis oui, je dis oui.

Je vous invite à emprunter les Constellations pour partir d’un « non » que vous avez dit et arriver au « oui ». Arriver au silence qui s’impose lorsqu’on accepte la totalité de l’expérience.

Daphne Labbé de Montais

Constellations Systémiques, Constellations de l’âme

Accueillir la vie telle qu’elle se présente, à chaque instant.

Au départ, il y a le silence. Puis une ouverture dans l’inconnu, avec confiance. Un mouvement que le corps exprime mais qui vient d’un endroit silencieux et immobile “en” nous. Quelque chose prend son envol, se libère, largue les amarres. Le corps s’ouvre, et quelque chose s’expanse dans un univers que l’on ne voit pas.

Et puis encore le silence.

Et lorsqu’une pensée apparaît, elle est vécu comme apparaissante. Et si une interrogation s’élève depuis le silence, tout en silence, et qui pourrait être traduite par “qu’est-ce qui pense ?” ou “à qui appartient cette pensée ?” ou “est-ce que Je pense ? » ce qui est perçu, compris, depuis le silence et en silence, c’est que cette pensée est un objet du mental, une carotte au bout d’un fil, qu’elle lui appartient entièrement, et que ce n’est pas Je qui pense. Je ne pense pas. Ce qui est expérimenté, c’est que dans le silence, cette pensée n’existe pas, cette envie-là n’existe pas, ce jugement n’existe pas, ce découragement n’est pas réel. Dans le silence, il n’y a pas de pensée. Je vis mais Je ne pense pas, Je suis et donc Je ne pense pas. Et lorsque la parole s’élève depuis le silence, elle est préformée par le silence, pas par la pensée. Impossible de savoir par la pensée ce qui va être dit.

Il y a une fragilité cardiaque. Depuis longtemps. Et puis ? Rien. Aucune envie de la soigner, aucune envie de faire quoi que ce soit pour, contre, avec, sans. Un premier infarctus a été expérimenté, traversé. D’autres ont suivi : ils ont été expérimentés. Et puis ? Rien, c’est tout. 

Il y a juste une pleine acceptation de ce que la Vie propose, une pleine acceptation de ce qui arrive, et de ce qui arrivera. Aucune idée de perte, aucun ressenti de manque, aucune urgence, seule la tranquillité de l’accueil de la Vie telle qu’elle est. Ce n’est pas l’Éveil, c’est très simplement une acceptation totale.

Il en va de même avec les Constellations du mouvement de l’âme. Ce serait passer à côté de leur magie et de leur beauté, que de ne pas voir toute la puissance qu’elles portent quand elles ne cherchent pas à satisfaire une envie, un projet, une urgence, un besoin, une peur, une angoisse, une valeur… Elles ont le pouvoir de laisser s’exprimer à nouveau le dessein de l’âme. 

Alors parfois, on assiste à l’accompagnement vers la mort d’un enfant par sa mère. La “guérison” vient de ce que tout le monde accepte enfin la mort prématurée de l’enfant ; cette acceptation permet enfin à la famille d’accompagner l’enfant tel qu’il le veut vraiment, jusqu’au seuil.

Alors parfois on assiste au départ d’un mari ou d’une épouse, d’un père ou d’une mère, alors que l’on était venu pour que ce départ n’ait pas lieu. Mais on s’incline devant ce mouvement sincère de l’âme : un destin est en cours de réalisation. 

Alors parfois on assiste à un cri “je ne veux pas guérir”, et on accepte enfin de l’accepter, alors qu’on était venu pour une ultime tentative. 

Le mouvement de l’âme n’est pas celui de la thérapie, il apparaît lorsque toute envie a disparu, et que seule persiste l’acceptation de la Vie telle qu’elle est. 

Le mystère grandit, un espace s’ouvre, et plus personne n’existe, seul ce que nous sommes réellement s’exprime.  

C‘est un « risque » à prendre, lorsque l’on vient pour une constellation. Le “risque” de ne pas voir son envie personnelle aboutir. Le « risque » que ce qui sera vécu sera une constellation du mouvement de l’âme. Le “risque” de ne vraiment pas savoir comment la constellation se déploiera pendant, et surtout après. 

Et c’est bien là toute la puissance de l’expérience qui est proposée : s’ouvrir à la Vie telle qu’elle se présente. S’abandonner dans ce qui nous porte, nous meut et qui nous précède.

Daphne Labbé de Montais