L’erreur de prédiction : outil des Constellations Systémiques

« Le cerveau ne réagit pas au monde, il le devance » – https://stef028.substack.com/p/lesprit-visionnaire

L’activité de 90 % des synapses du cortex visuel primaire consiste à projeter et à créer le monde. Seuls 10% des synapses de ce même cortex visuel laissent rentrer la réalité telle qu’elle est.

Le cerveau reçoit une multitudes de signaux des sens intéroceptifs et extéroceptifs dont il doit établir les causes, alors même que les signaux sont incomplets en même temps que bavards parce que multiples et quasi instantanés, autant qu’ambigus (un même bruit percussif peut venir d’un coup de feu, de la rencontre d’un avion de chasse et du mur du son, un coup de tonnerre…). Le cerveau comprime tous ces signaux pour interpréter le monde, selon le point de vue de son espèce. Il sélectionne, valorise, discrimine, hiérarchise, ordonne. D’un point du vue physiologique, les signaux viennent au cerveau par un nombre très important de neurones peu connectés entre eux vers peu de neurones extrêmement connectés du cœur limbique. Il s’agit de traiter des manifestations de la réalité (photons, vibrations) en unités de sens propres à une espèce et partageables par elle, de catégoriser ces unités différentes en familles fonctionnellement équivalentes (plaisir, danger, inclusion, exclusion, récompense, punition, valorisation, dévalorisation, souffrance, douleur, liberté, perte de liberté etc). Les zones limbiques sont des centres de commandement viscéromoteurs : organes internes, glucose, rythme cardiaque ; elles transforment donc ces catégories de signaux en schémas d’identification de besoins métaboliques et de satisfaction de ces besoins par une coordination des différents systèmes du corps. Le sens donné à la réalité est donc un plan d’action. Une émotion est donc un plan d’action autant que l’est un réflexe de fuite. Un traumatisme est aussi un plan d’action.

A ce processus de compression du flux entrant (feedforward) correspond un processus de décompression (feedback) qui consiste à projeter massivement des signaux aux aires sensorielles primaires, par une multitude de neurones (peu d’informations projetées et amplifiées vers beaucoup de neurones). C’est là que nous retrouvons nos 90/10 % du cortex visuel primaire : 90 % des synapses proviennent de signaux descendants et non de la rétine. Nous construisons le monde bien plus que nous le laissons entrer.

Cette décompression est une prédiction : le cerveau choisit la catégorie à laquelle correspondrait l’expérience réelle, anticipe les besoins métaboliques et prépare les ressources nécessaires avant de connaître la réalité de l’expérience. Il existe donc un écart entre la réalité telle qu’elle est et la projection que nous en faisons. En neurosciences, cet écart porte le nom d’hallucination. La question de celle-ci se pose donc ici. A quel point n’imaginons-nous pas notre environnement, les êtres humains qui nous entourent, leurs personnalités et motivations, le sens de leurs actions ? Les êtres vivants non humain ? Et quel est le processus qui nous permet de nous rapprocher le plus d’une appréciation de la réalité telle qu’elle est et non telle que nous la projetons ? « (Notre) expérience consciente n’est pas un miroir du monde, mais une construction prédictive projetée sur la réalité. On parle « d’hallucinations contrôlées ». Comprendre cette économie du sens, c’est réaliser que nous ne percevons pas le monde tel qu’il est, mais tel que nous avons besoin qu’il soit pour continuer à exister. » Stéphanie Aubertin

Afin de corriger plus ou moins efficacement les écarts entre la réalité et la projection de notre monde personnel interprétatif, notre cerveau mesure le niveau de correspondance entre le flux entrant et le flux predictif descendant : on parle d’erreur de prédiction. Plus nous sommes perméables à l’erreur de prédiction et plus nous pouvons changer nos plans d’action, les adapter à la situation réelle, plus nous pouvons être dans le présent, et moins assujettis à notre passé, plus nous pouvons laisser entrer la réalité et nous ouvrir à celle-ci, plus nos émotions peuvent être régulées, et plus nous pouvons restreindre le champ d’application d’un traumatisme. Ce dernier étant bien une « prédiction (un plan d’action) insensible aux erreurs de prédiction ». Stéphanie Aubertin

Certaines thérapies expérientielles, pratiques spirituelles, peuvent changer les plans d’actions en corrigeant les prédictions via l’erreur de prédiction. Et ce qui nous intéresse ici, au sein des Constellations Systémiques, c’est l’ensemble des actions qui ont pour but de corriger les prédictions par la preuve de la conséquence positive.

Le processus de résolution d’une problématique passe par la disponibilité des corps à l’expérience émotionnelle, physique (douleurs, soulagement, étouffement, ouverture, repli etc), des paroles, des gestes, des déplacements qui peuvent être effectués ou prononcées alors même que la peur, la tristesse, la résistance, la colère, les mécanismes de défense s’emparent de nous. Toutes ces émotions, toutes ces résistances, tous ces mécanismes de défense sont le résultat de l’activité de prédiction du cerveau, telle qu’elle a été décrite ici. Ce corpus expérientiel donne à voir les souffrances autant que les distorsions entre la réalité et la projection de celle-ci. Ces paroles et actions, qui viennent en contradiction avec les schémas comportementaux et émotionnels habituels, donnent à expérimenter d’autres conséquences (positives : de libération, de paix, de tranquillité, de joie, de puissance, de force, de présence, de maturation, d’autonomisation, d’unification, d’inclusion, de légèreté, etc…). La preuve est faite, une brèche est ouverte dans le système de catégorisation du cerveau, l’erreur de prédiction fait à nouveau partie du système. La réalité fait son entrée. Le cône de perception s’agrandit, la palette de catégorisation s’expanse, l’accueil de la nouveauté est rendue possible… La vie change, parce que nos projections sur le monde changent. Le domaine des possibles s’agrandit et se pacifie.

La correction des prédictions et l’ouverture graduelle à la réalité est rendue possible par le tempo des Constellations qui sédimente dans le corps et ses fonctions viscéromotrices la preuve de la conséquence positive, la perméabilité vertueuse à l’erreur de prédiction.

L’activité cérébrale se mesure en hz, c’est à dire en ondes plus ou moins denses. Le flux entrant relève des ondes gamma (supérieures à 40 hz). Le flux sortant (les projections) relèvent des ondes Bêta et Alpha (comprises entre 12 et 40 hz pour les premières, et 6 et 12 hz pour les deuxièmes). Elles sont beaucoup plus lentes. Les premières sont générées dans les états de veille, les secondes dans les états de relaxation et de méditation. De 4 à 6 hz, ce sont les ondes théta, celles de la méditation profonde. En dessous de ces dernières correspondent les ondes Delta, celles du sommeil profond. Pendant une Constellation Systémique, les représentants sont invités à ressentir plutôt qu’à penser, à parler depuis leurs sensations, leurs expériences émotionnelles, les manifestations physiques de leur corps, en y prêtant attention. Cette focalisation entraîne de facto un ralentissement. Un ralentissement des réactions, un ralentissement des ondes cérébrales. Ce ralentissement est un espace de respiration, un étirement, un temps supplémentaire, qui vient s’imiscer entre le flux entrant et sa compression, puis entre sa compression et sa décompression, et enfin entre sa décompression et la manifestation de la réaction. Cet étirement du tempo, ce ralentissement des ondes permet de faire rentrer davantages de signaux et d’affiner la catégorisation et autorise ainsi l’expression d’émotions refoulées, la libération de manifestations coporelles encapsulées. Des signaux jusque là écartés, discriminés, assourdis sont enfin perceptibles, audibles, vus, sentis et ouvrent les possibles d’interprétation, de conscientisation. Le temps s’étire encore, laisse entrer l’écoute encore plus fine du flux entrant – c’est l’étirement entre la compression et la décompression. Un affinement des catégorisations et de la perception de la réalité s’opère. Une proposition de parole, de geste, de mouvement, de placement, de regard, tout à fait différente des expressions habituelles des plans d’actions schématiques habituels (c’est à dire une proposition sourde aux mécanismes de défense et aux résistances mais à l’écoute de la réalité) c’est l’étirement entre la décompression et la réalisation du plan d’action – entraîne de nouveaux signaux entrants, des signaux d’erreur de prédiction. Il s’agit de se donner du temps, du temps à notre système nerveux. Du temps, de la focalisation sur les signaux intéroceptifs et extéroceptifs, de la nouveauté, de l’erreur de prédiction.

Constellons !

KI : souffle de la manifestation

Le Ki est le souffle de la manifestation. Une pompe qui bat sous le nombril, qui pompe et diffuse le souffle de la manifestation.

L’espace du coeur ouvre une porte sur la réalité vibratoire ; cette totalité infinie (infinie dans ce qu’elle contient, et sans limites ; c’est ce UN qui est la seule réalité).

Dans notre dimension, ce UN se manifeste dans sa totalité infinie. La manifestation est une expression de la totalité infinie de ce UN. Ce UN porte la possibilité de la manifestation spécifique à notre dimension. Donc, il y a manifestation. C’est un souffle. Tout ce qui existe dans notre dimension existe parce qu’il est « soufflé ». Tout ce qui existe, existe donc parce qu’il a un KI. Tout ce qui existe possède un ki. Plus ou moins fort.

La porte du coeur permet de plonger dans l’infini de la réalité vibratoire, de ce UN, de l’explorer. C’est la rencontre avec le Mystère.

Le KI est la pompe de la manifestation de ce UN. Plus notre KI est activé, plus il manifeste ce UN à travers chaque être vivant : de l’expression de l’ADN à l’expression de la totalité de notre potentiel, de nos choix, de notre personnalité (le petit moi) autant que notre essence.

Plus le KI est fort, plus notre capacité à manifester est grande. Plus l’espace de notre coeur est spacieux, ouvert, plus le pouvoir de manifestation de notre KI s’unit à cet espace et plus nous manifestons notre essence.

Coeur faible, KI fort : manifestation des intentions issues de notre personnalité, du petit moi, essentiellement, peu de manifestation de notre essence.

Coeur fort, KI faible : grande spiritualité peu manifestée dans le monde que nous habitons.

Coeur faible, KI faible : petite capacité de manifester tant notre essence que notre personnalité

Coeur ouvert, Ki fort : grande capacité de manifester notre essence.

Nous sommes un dorje Tibétain : l’espace du coeur est relié au KI par notre chakra solaire. Nos racines vibratoires sont reliées à nos racines matérielles par notre corps tout entier. La terre et le soleil sont reliés entre eux etc….

Daphne Labbé de Montais

La responsabilité

Dans cet univers, nous expérimentons une dimension régie par le principe de causes et d’effets. Le mouvement incessant de notre univers est la réalisation constante de ce principe. Causes et effets. Un autre mot pour ce mouvement incessant issu de cette expérience première d’un souffle originel qui littéralement déforme un univers sans mouvement et le transforme en un univers de mouvement incessant et éternel, de multiplications et transformations, de réactions en chaîne, de modifications, est le terme « Karma ».

Loin de moi l’intention d’expliquer ce qu’est le Karma, loin de moi l’illusion d’avoir compris ce qu’était le Karma. Loin de moi l’arrogance de croire qu’il m’est possible de prédire les effets de toute manifestation et de leurs réactions en chaînes multidirectionnelles.

Juste une petite expérience, une petite réalisation.

D’abord, la grâce de reconnaître que tous les événements, d’instant en instant, ne sont pas « bons » ou « mauvais » ou « injustes », et qu’ils ne sont pas « ma » vie. Ils sont « la » vie. Tout simplement. La grâce de reconnaître qu’il existe un élément, celui de la cohésion (l’élément eau) qui entraîne l’illusion que tous ces événements dont je me souviens, par volonté, forment une histoire, « ma » vie. La grâce de reconnaître enfin qu’il n’y a pas d’histoire. La grâce de ressentir un amour immense, infini, éternel pour « ma » vie, qui n’est en vérité que « la » vie.

Puis l’expérience que tout est un tout de causes et d’effets. A tel point, que toutes les expériences, celles dont je me souviens, que j’ai sélectionnées, que j’ai remarquées, autant que toutes celles dont je ne me souviens pas, que j’ai écartées, que je n’ai pas remarquées, et que l’expérience même du souvenir, du choix, de la sélection, de la production d’une histoire, que l’élément même de la cohésion pour créer une illusion d’un « je » différencié à qui il arrive tous ces événements, tout cela sont les effets de toutes mes pensées, actions, paroles, silences, etc. de « cette vie-ci » comme de toutes mes « précédentes vies ».

Alors la densité de la réalisation de ma responsabilité. Mon entière responsabilité de tout ce qui m’arrive, que j’en ai conscience ou pas.

Alors, avec cette responsabilité, la libération, la légèreté.

En constellation, l’expérience de la responsabilité entraîne toujours une libération. Dans les constellations, nous croyons souvent que nous prenons nos responsabilités par rapport à un événement, un comportement, une souffrance. En réalité, dans les constellations, chacun prend ses responsabilités sans avoir la conscience de l’étendue de ces responsabilités. En réalité, non prenons nos responsabilités, toutes nos responsabilités, y compris celles dont nous n’avons pas conscience, y compris celles qui viennent d’un temps où nous n’existions pas.

Daphne Labbé de Montais

Ego

J’entends parfois dire que Ego est un outil de survie…Que sans lui, nous serions tous morts.

Qui d’autre que Ego peut dire une telle chose ?

Ego est l’illusion de la séparation, et cette illusion est un présent extrêmement précieux que nous adorons, construit à partir de toutes les expériences d’une réalité que nous apprenons à voir depuis le point de vue de la séparation, par toutes les personnes qui nous entourent et qui depuis le premier jour de notre naissance, nous apprennent à voir la réalité et à l’expérimenter depuis leur propre point de vue et expérience de la séparation. Nous apprenons un mensonge, et nous y croyons. Ce mensonge n’aide aucunement à la survie. L’Éveil ne nous met pas en danger de mort, quelque soit l’âge auquel nous nous éveillons.

Nous adorons cette expérience de la séparation, cette illusion d’être un « je » qui existe, différencié… c’est une expérience tellement inhabituelle. Nous chérissons cette expérience de l’individualité. C’est un cadeau, une illusion qui nous permet de vivre une expérience si opposée à celle que nous vivons tous lorsque nous échappons à la vie sur Terre, et que nous expérimentons parfois ici aussi. Cette réalité que nous sommes en vérité, éternellement.

Lorsque Ego se dissout, un rire innocent et puissant s’élève lorsque quelqu’un nous dit que Ego sert notre survie.

Daphne Labbé de Montais

Cette totalité que nous sommes….

Les Constellations Familiales et Systémiques sont un support pour explorer l’univers infini que nous sommes.

Croire que les ancêtres, conjoints, amis, collègues, connaissances, qui habitent nos constellations familiales sont autant de personnes extérieures à nous, c’est croire qu’il y a un extérieur à nous. C’est croire que nous sommes séparés. C’est croire que nous contrôlons ce que nous sommes, et que ce que nous sommes est une forme identifiée. Or nous sommes espace en mouvement, nous sommes communion. Nous sommes un regard conscient.

Les personnes, les principes, les astres, les éléments, les corps et les organes, les chakras, les animaux, les peuples, les avatars, les communautés, les croyances, les cécités, les appétences, qui évoluent dans l’espace-temps des constellations ne sont que des parties de nous-mêmes que nous ne connaissons pas assez, qui nous agissent avec inconscience tant que nous refusons de les voir, contre lesquelles nous nous opposons et nous résistons, et que nous cherchons à cacher. 

Comprendre cela, l’expérimenter, c’est, pas à pas, avancer sur la voie de la confiance et de l’abandon à la Vie. C’est se défaire de nos identifications. Petit à petit. C’est aller à la rencontre de l’Autre en nous et à son accueil inconditionnel. C’est alors expérimenter que l’Autre n’existe pas, que l’Autre c’est nous. C’est voir que nous sommes espace, des maisons de verre en lesquelles il est impossible de cacher quoique ce soit. Vouloir cacher, c’est créer de l’ombre, un interdit, une soustraction à l’amour. 

Les Constellations sont un support à notre engagement à accepter et à voir la Réalité telle qu’elle est. Et voir la Réalité telle qu’elle est, c’est disparaître, se dissoudre en elle. Il ne reste plus qu’un regard, qui n’est pas le nôtre, qui n’appartient à personne. Et qui pourtant a quelque chose de la singularité.

In fine, à partir de ce regard, manifester le support d’engagement singulier à la fois issu et nourricier de ce regard. Plus le regard se désidentifie, et plus l’expression et la manifestation sont des explorations mises en partage de ce regard.

Daphne Labbé de Montais

Ichi

Ichi : Un

Commençons par ne pas le traduire, reprenons.

Commençons par ne pas connaître son nom.

Commençons pas ne pas savoir comment ça se prononce.

Commençons par regarder.

Un trait non séparé de l’espace autour. Autour, jusqu’à l’infini. Cet espace n’est évidemment pas vide. Il est plein. Infiniment plein, et infini – sans limites. Infini dans ce qu’il contient et infini par ses limites, qu’il n’a pas.

Il n’est pas « blanc », il n’est pas « vide », il n’est pas « rien », il est infiniment total. 

Il contient la ligne : un espace de densification. C’est la manifestation. Il contient un espace de manifestation de cette totalité infinie – infinie dans ce qu’elle contient autant que sans limites.

Cette ligne montre la manifestation. Elle montre que la totalité de la manifestation est issue de la totalité de l’infini. Elle montre qu’il n’y a aucune séparation entre la ligne et l’infini. Elle montre que la ligne est l’infini. Elle montre que toute la manifestation est l’expression de l’infini. Elle montre qu’il n’y a aucune différence entre la ligne et l’espace infini et infiniment plein. Elle montre que l’espace est cette ligne, et que la ligne est l’espace.

Comment appelez-vous cet espace ? Quel nom lui donnez-vous ? Quel que soit le nom que vous lui donnez, cette ligne donne à voir que « ça » et cette ligne ne sont pas séparés, que « ça » est cette ligne. Que « ça » est la manifestation toute entière. Qu’il n’y a que « ça« .

Cette ligne nous donne à voir ce que nous voyons mal : nous sommes la manifestation de cet infini, tous autant que nous sommes, quelle que soit notre apparence ou notre non-apparence. Nous sommes cet infini. Nous sommes cette totalité. Nous sommes « ça« .

Cette ligne non séparée de l’espace infini et infiniment plein qui la contient nous donne à expérimenter le « je suis seul(e), l’univers tout entier est seul, je suis UN »

Les Constellations, les séances individuelles, la géobiologie, le Reiki et son enseignement, sont un prétexte pour expérimenter, toucher du doigt, apercevoir, ressentir, approcher, dans notre intimité, ce UN. Car être, c’est être manifesté ; être manifesté, c’est manifester ce UN. Il n’y a aucune autre réalité, il n’y a pas d’alternative.

C’est ainsi que j’expérimente ce KANJI « Ichi » , et vous ? 

Daphne Labbé de Montais

Ce que nous possédons

A chaque croyance qui s’évapore, il y a de la place pour ce que nous sommes. S’incarner, jour après jour, c’est certainement se détacher de nos croyances.

Faire de la place en nous, se défaire de nos habitudes, de nos loyautés, afin de s’ouvrir au Choix, à tous les possibles. Garder ce qui nous soutien, ce qui nous libère, ce qui nous console, ce qui nous guérit, ce qui nous inspire. Se défaire du reste, tous les jours. Car il est possible de décider à chaque instant de vivre notre vie sans s’identifier à celle qui nous paraît avoir été la nôtre dans le passé. Il est possible de vivre un autre présent que le passé auquel nous nous sommes identifiés. Car il est possible de changer toutes nos habitudes. Et toutes les identifications ne sont que des habitudes. Toutes les loyautés ne sont que des habitudes. Toutes les croyances ne sont que des habitudes. Toutes nos petites voix, ne sont que des habitudes.

Partir en voyage, longtemps, c’est souvent l’expérience de perdre beaucoup de nos habitudes, de se décoloniser l’esprit. Partons en voyage dans notre quotidien, dans notre façon d’habiter notre existence. De nous habiter.

Grandir avec une maman qui ne regarde pas l’enfant, qui se regarde à travers les manifestations de l’enfant, c’est prendre deux habitudes (entre autres) : celle de regarder sa mère comme elle souhaite être regardée et celle de se battre pour qu’elle nous regarde. Et si nous décidons de perdre ces habitudes, d’accepter que notre mère soit la personne qu’elle est, et de prendre la nouvelle habitude de s’ouvrir et d’accueillir en soi toutes les « mères » justes qui nous entourent et qui nous regardent et se laissent regarder telles qu’elles sont ? Que se passe-t-il alors ? Qu’est-ce que cela change dans notre quotidien ? Comment l’énergie de la trêve (avec notre propre mère) et l’énergie de l’acceptation de toutes les manifestations de relations justes avec des femmes transforment concrètement toutes nos expériences ? Et nous est-il alors possible de se montrer telle que nous sommes, entièrement ?

Grandir avec un père violent peut créer deux habitudes (entre autres) : celle de vouloir briser et minimiser l’expression du masculin – sans discernement – y compris en soi, et celle de rechercher le lien avec le masculin que nous connaissons par « loyauté » envers son père (en réalité, par habitude). Que se passe-t-il si nous acceptons de faire de la place en nous en redonnant toute la responsabilité du comportement paternel au père, et de prendre toute la responsabilité de la conservation des habitudes ? Que se passe-t-il si nous acceptons d’abandonner le combat, de laisser le père tel qu’il est, et de s’ouvrir à toutes les manifestations du « père » juste, du masculin positif qui nous entourent ? Que nous arrive-t-il alors dans nos relations quotidiennes lorsque nous nous ouvrons et accueillons tous les « pères » justes, qui nous respectent ? Que se passe-t-il lorsque l’énergie du masculin est accueillie ?

Que se passe-t-il concrètement lorsque nous abandonnons nos habitudes de vie avec les féminins et masculins négatifs auxquels nous nous sommes identifiés et que nous prenons l’habitude de vivre avec les féminins et masculins positifs qui existent ? Que se passe-t-il lorsque nous acceptons d’accueillir la totalité de l’expérience en nous à partir de maintenant ?

Que se passe-t-il si je prends l’habitude d’accepter tout ce qui se présente à moi lorsque j’inspire ? La totalité de l’expérience ? Je remplis mes poumons bien autrement, mais pas seulement. Je fais aussi, et surtout, l’expérience que dans l’inspire, quelque chose inspire à travers moi, mon corps, et pas seulement dans les poumons. Et dans cet inspire totale, je fais l’expérience que ça s‘inspire (et pas seulement que ça inspire). Une boucle, un cercle. ça s‘inspire.

Que se passe-t-il si je prends l’habitude d’accepter que toute expérience est une proposition d’éveil ? Si je prends l’habitude d’accepter la totalité de chacune des expériences ?

Alors, comme un miracle, la grâce de ressentir s’élever en soi et à travers soi cette gratitude infinie d’avoir vécu toute la vie qui nous a été proposée, depuis le premier jour de conception jusqu’au dernier souffle, qu’elles qu’aient été et seront les expériences qui se sont succédées et continuerons de se succéder. Alors la grâce d’expérimenter que nous ne sommes pas ce corps mais que nous sommes avec lui.

Le vertige que nous n’existons pas, que seul « quelque chose » s‘existe.

Et cette gratitude est entière, soumise à aucune condition et restreinte d’aucune recherche de bénéfice secondaire. Et ce vertige ne procure aucune peur.

Nous ne possédons rien sinon notre responsabilité (en tant qu’individu, en tant que moi), tout le reste est en partage, car nous sommes tout. Nous comprenons que nous nous excluons de nous même lorsque nous excluons les autres (de leur place, de l’accès aux biens et service d’une société, de l’estime, de la rencontre, de notre écoute, de notre respect etc.). Nous nous incluons nous-même à nous-même quand nous accueillons la totalité de ce qui existe, quand nous accueillons l’autre.

Nous ne possédons rien si ce n’est notre responsabilité, tout le reste est en partage.

Nous sommes une totalité qui s‘expérimente. Nous sommes un regard qui se regarde.

Daphne Labbé de Montais

Accepter l’expérience

S‘il y a peu de résistance à concevoir d’accepter totalement, entièrement une expérience que nous trouvons agréable, il est beaucoup plus difficile de concevoir d’accepter totalement, entièrement une expérience traumatique.

Alors que nous nous dissocions lors d’une expérience traumatique, il y a quelque chose de nous qui refuse l’expérience, toute l’expérience entière, et qui dit NON à tout ce qui est en train de se passer, y compris l’Amour et la Compassion qui sont aussi là, toujours présents.

C‘est ce NON total qui rend difficile la voie de la guérison, l’accès à une nouvelle vie. Au moment où on accepte enfin l’expérience entière de l’événement, qu’on ne rejette rien de cette expérience, qu’on la prend entièrement en soi, que l’on en accueille vraiment la totalité, alors s’ouvre un espace d’abandon et de guérison. Parce que l’on cesse de dire NON, et que l’on dit enfin OUI.

On ne dit pas OUI à l’expérience pour qu’elle se reproduise, pour la revivre, mais on dit OUI à l’expérience parce qu’on est tout petit face à l’expérience qui est si vaste. On s’incline simplement devant la toute puissance de la Vie et devant notre petitesse, parce que ce n’est pas notre NON qui va changer les choses. Au contraire, c’est notre OUI qui bouleverse tout. En disant OUI à la totalité de l’expérience, aussi traumatique soit-elle, il y a un espace qui s’ouvre à l’intérieur de nous. L’espace d’accueil de l’Amour inconditionnel qui est toujours là. Cet espace contient la guérison du traumatisme.

Les Constellations apportent à travers l’acceptation de sa propre responsabilité un accès à cet espace d’accueil. Lorsque le représentant peut enfin dire qu’il rend toute sa responsabilité à l’autre, et qu’en même temps il reprend toute la sienne, sans la définir, ni la circonscrire, il ne dit rien d’autre que ce OUI à l’expérience toute entière. OUI à ce qu’il refusait d’accueillir jusqu’à présent, OUI aux conséquences de cette acceptation (l’Amour et la Guérison) comme il atteste de prendre l’entière responsabilité des conséquences du NON initial qu’il avait exprimé jusqu’alors.

Le « Bourreau », retrouve toute sa dignité en reprenant sa responsabilité, il retrouve son intimité avec lui-même, son regard est à nouveau entier car il se voit enfin entier et voit enfin entièrement la « Victime ». La « Victime » retrouve sa dignité en reprenant sa responsabilité, elle goûte à nouveau à la paix avec ce OUI.

Se diffuse alors, petit à petit, cette intimité avec la Vie qui consiste à s’incliner devant sa toute puissance, à attester de notre petitesse, à accueillir l’ensemble d’une expérience – ce qui nous est plaisir, ce qui nous est souffrance, et de nous ouvrir à ce qui est plus grand que cette expérience et qui est contenue en elle.

Daphne Labbé de Montais

Constellations Systémiques, Constellations de l’âme

Accueillir la vie telle qu’elle se présente, à chaque instant.

Au départ, il y a le silence. Puis une ouverture dans l’inconnu, avec confiance. Un mouvement que le corps exprime mais qui vient d’un endroit silencieux et immobile “en” nous. Quelque chose prend son envol, se libère, largue les amarres. Le corps s’ouvre, et quelque chose s’expanse dans un univers que l’on ne voit pas.

Et puis encore le silence.

Et lorsqu’une pensée apparaît, elle est vécu comme apparaissante. Et si une interrogation s’élève depuis le silence, tout en silence, et qui pourrait être traduite par “qu’est-ce qui pense ?” ou “à qui appartient cette pensée ?” ou “est-ce que Je pense ? » ce qui est perçu, compris, depuis le silence et en silence, c’est que cette pensée est un objet du mental, une carotte au bout d’un fil, qu’elle lui appartient entièrement, et que ce n’est pas Je qui pense. Je ne pense pas. Ce qui est expérimenté, c’est que dans le silence, cette pensée n’existe pas, cette envie-là n’existe pas, ce jugement n’existe pas, ce découragement n’est pas réel. Dans le silence, il n’y a pas de pensée. Je vis mais Je ne pense pas, Je suis et donc Je ne pense pas. Et lorsque la parole s’élève depuis le silence, elle est préformée par le silence, pas par la pensée. Impossible de savoir par la pensée ce qui va être dit.

Il y a une fragilité cardiaque. Depuis longtemps. Et puis ? Rien. Aucune envie de la soigner, aucune envie de faire quoi que ce soit pour, contre, avec, sans. Un premier infarctus a été expérimenté, traversé. D’autres ont suivi : ils ont été expérimentés. Et puis ? Rien, c’est tout. 

Il y a juste une pleine acceptation de ce que la Vie propose, une pleine acceptation de ce qui arrive, et de ce qui arrivera. Aucune idée de perte, aucun ressenti de manque, aucune urgence, seule la tranquillité de l’accueil de la Vie telle qu’elle est. Ce n’est pas l’Éveil, c’est très simplement une acceptation totale.

Il en va de même avec les Constellations du mouvement de l’âme. Ce serait passer à côté de leur magie et de leur beauté, que de ne pas voir toute la puissance qu’elles portent quand elles ne cherchent pas à satisfaire une envie, un projet, une urgence, un besoin, une peur, une angoisse, une valeur… Elles ont le pouvoir de laisser s’exprimer à nouveau le dessein de l’âme. 

Alors parfois, on assiste à l’accompagnement vers la mort d’un enfant par sa mère. La “guérison” vient de ce que tout le monde accepte enfin la mort prématurée de l’enfant ; cette acceptation permet enfin à la famille d’accompagner l’enfant tel qu’il le veut vraiment, jusqu’au seuil.

Alors parfois on assiste au départ d’un mari ou d’une épouse, d’un père ou d’une mère, alors que l’on était venu pour que ce départ n’ait pas lieu. Mais on s’incline devant ce mouvement sincère de l’âme : un destin est en cours de réalisation. 

Alors parfois on assiste à un cri “je ne veux pas guérir”, et on accepte enfin de l’accepter, alors qu’on était venu pour une ultime tentative. 

Le mouvement de l’âme n’est pas celui de la thérapie, il apparaît lorsque toute envie a disparu, et que seule persiste l’acceptation de la Vie telle qu’elle est. 

Le mystère grandit, un espace s’ouvre, et plus personne n’existe, seul ce que nous sommes réellement s’exprime.  

C‘est un « risque » à prendre, lorsque l’on vient pour une constellation. Le “risque” de ne pas voir son envie personnelle aboutir. Le « risque » que ce qui sera vécu sera une constellation du mouvement de l’âme. Le “risque” de ne vraiment pas savoir comment la constellation se déploiera pendant, et surtout après. 

Et c’est bien là toute la puissance de l’expérience qui est proposée : s’ouvrir à la Vie telle qu’elle se présente. S’abandonner dans ce qui nous porte, nous meut et qui nous précède.

Daphne Labbé de Montais

L’incarnation

Notre incarnation sur Terre nous situe en un point infiniment petit et pourtant très vaste, qu’est l’intersection entre l’horizontalité et la verticalité de notre expérience.

La verticalité est notre expérience intime avec ce qui est plus grand que soi : la Terre, la Lune, le Soleil, les Etoiles, le Vent, l’ensemble du vivant, toutes les dimensions, le Souffle qui nous anime, le Silence.

L‘horizontalité est notre expérience intime de la société dans laquelle nous vivons : la famille, le travail, l’argent, la propriété, les événements historiques, la maladie,  etc.

Nous pourrions avoir envie d’imaginer un axe vertical et un axe horizontal. Ce serait prendre le risque d’imaginer une intersection en un centre géométrique. 

Parce que ce sont des dimensions infinies, il n’y a pas de centre. L’intersection est une position que nous occupons tout le temps. Nous pouvons croire en un manque dans l’une ou l’autre dimension.  Nous pouvons ressentir une frustration, un désir, de ne pas être davantage ici ou là. Ce qui nous empêche de vivre entièrement l’expérience de la densité que contient ce point minuscule. Ce qui nous jette parfois dans des quêtes.

L‘intersection est un Silence, un vide plein, une absence présente, une présence sans contours, une immobilité dans le mouvement, une solitude qui fait de nous une expression singulière de la totalité. Nous ne sommes pas une partie d’un tout, nous sommes cette totalité qui s’exprime dans une singularité. Nous sommes seuls : nous naissons seuls et nous mourrons seuls, et entre ces deux portes nous sommes seuls. L’univers entier est seul. C’est une autre façon de dire qu’il est Total, et que nous sommes toujours “Total”.

Les Constellations sont une des réponses possibles dans ces quêtes que nous menons, dans ce désir de réparer les liens perturbés avec ce qui est plus grand que nous ou avec les sociétés dans lesquelles nous vivons. Elles sont aussi une voie comme une autre pour explorer cette intersection. Ni plus, ni moins.

Daphne Labbé de Montais