Exclusions et responsabilités

Les guerres de ce monde sont le miroir de nos guerres intimes.

Notre place nous appartient, elle nous est due, quoi que nous fassions, quoi que nous ayons fait. 

Et pourtant, par loyauté, par culpabilité, par amour, il arrive à nos ancêtres d’être exclu(e)s de notre lignée, et d’accepter cette exclusion.

Une place manquante est une place qui est alors usurpée – occupée par un autre, en partie ou complètement. Un fils ou une fille, qui prend la place d’un père ou d’une mère, d’un oncle ou d’une tante, d’un grand-parent, d’un frère ou d’une sœur…

La recherche des exclus est le travail de base en constellation. Qui est exclu ou manquant, par qui ou par quelle circonstance ? La résolution mène toujours à la réintégration de l’exclu ou de l’absent.

Ce travail de réintégration se fait facilement dans les générations qui nous précèdent, mais se fait difficilement à notre étage. Pour le dire autrement, nous mettons moins de cœur à fortifier nos résistances à la réintégration d’exclus lorsqu’il s’agit de nos ancêtres lointains que lorsqu’il s’agit de nos ascendants directs, d’autant plus si nous sommes responsables de l’exclusion.

Nous subissons nos souffrances autant que nous les revendiquons dans cette confusion et illusion que nous sommes nos souffrances. Le processus de sortie d’un traumatisme prend du temps. Tous les accompagnements sont essentiels et demandent autant de courage, de persévérance, de foi, de confiance, que de patience. Car c’est un processus de déconstruction et de ré-élévation. 

Patiemment, nous œuvrons pour que nos ancêtres retrouvent leur place, leur dignité, leurs responsabilités. Nous reconnaissons et mesurons les souffrances de chacun, ainsi que les responsabilités de tous. C’est la reconnaissance des responsabilités de chacun qui permet la sortie du cercle infernal Victime – Bourreau – Sauveur, ainsi que de s’extraire de la tentation de créer l’illusion prophétique de soi comme l’éternelle Victime, l’autre comme l’éternel Bourreau et la recherche d’un Sauveur extérieur et complaisant dont la mission est de conforter l’état de victime et de maintenir l’existence du bourreau.

Une des difficultés majeures réside dans l’acceptation que nos parents et grands-parents occupent de droit leur place dans nos lignées, alors même que les relations avec ces derniers ont été les plus éprouvantes dans nos existences. 

Le processus de résolution, c’est à dire de dissolution de nos guerres intimes, consiste à rendre les armes, cesser de vouloir contrôler et réorganiser notre lignée depuis le point de vue de nos souffrances par l’exclusion de nos ascendants directs. 

Par loyauté envers nous, du fait de nos souffrances et de leur culpabilisation, ces ascendants directs accepteront d’être exclus ainsi que les contreparties démesurées ou éternelles que nous leurs demandons, ou pour le dire autrement, toutes les dettes et créances que nous échafaudons. 

C’est ainsi que nous les maintenons (et nous-mêmes) dans un enfer que nous créons, et que nous nous blessons de prendre en partie leur place.

Car comprenons bien ce qui se passe : Si j’exclue mon père ou ma mère, ma grand-mère ou mon grand-père, j’engage une partie de mon énergie, de mes pensées, de ma vigilance à être dans un lien de guerre avec celui ou celle que j’exclue. J’engage une partie de moi à exclure au quotidien. Car une exclusion n’est jamais définitive, elle n’est jamais passée, elle est toujours en cours. Il faut la maintenir, car on lutte contre un droit inaliénable. Cette guerre quotidienne je la mène contre mon ascendant et la déplace contre mon environnement.

En même temps, j’engage une autre partie de moi à occuper une partie de la place libérée par l’exclusion, voire la totalité de cette place en même temps que la mienne, que je ne peux dès lors occuper dans sa totalité, ou seulement par intermittence. 

Il se peut aussi que ce soit un de mes enfants qui prenne cette place vide, par loyauté et amour. Il ne vit pas sa vie, et prend le risque d’exprimer la personnalité de ce grand-parent ou arrière grand-parent avec lequel il est alors intriqué. Je suis alors l’architecte de l’intrication qui fera porter à mes enfants un destin et une personnalité que pourtant je m’applique à exclure.

Si j’occupe en partie la place de mon aïeul que j’exclue, et en partie ma place de mère ou de père, une partie de moi exprime dans mes relations à mes enfants la personnalité de celui ou celle que j’exclue, et une autre partie de moi exprime celle ou celui que je suis quand je suis à ma place. 

Il est alors essentiel de voir que mes comportements avec mes enfants qui me font pourtant souffrir et m’abîment par leur violence, leur injustice, leur disproportion relèvent de mon entière responsabilité actuelle (il s’agit bien de mon comportement), même si j’en ai appris la grammaire dans mes relations avec le parent que j’exclue. 

Il est dans le même temps tout aussi essentiel de reconnaître que si je manifeste ces comportements (dont je fais porter la responsabilité aux personnalités de ces parents ou grands-parents que j’exclue), c’est aussi parce que je les exclue et que j’occupe en partie leur place, ce dont je suis bien responsable

Il est intéressant de voir quelle partie de mon corps investit symboliquement la place de l’exclu (cela peut expliquer certaines douleurs chroniques).

Je savoure intensément cet instant où celui ou celle qui ouvre son système le temps d’une constellation – le dépositaire – accepte de rendre les armes :

Il ou elle laisse enfin son parent ou grand-parent reprendre sa place,

Il-elle accepte de rendre à son aïeul sa responsabilité de reprendre et garder sa place quelque soit la souffrance du dépositaire,

Il ou elle lui permet de cesser toute loyauté envers lui/elle-même qui le rend responsable d’accepter son exclusion, 

Il-elle accepte donc que ses ascendants soient dans un lien juste avec lui-elle, 

Il-elle libère son ascendant (et lui-même) de l’enfer qu’il créait,

Il-elle reprend sa propre responsabilité de s’être engagé(e) dans l’exclusion de son parent.

Il-elle prend conscience qu’il-elle est assez « grand », assez « fort » pour traverser, reconnaître, sa souffrance passée, telle qu’elle a été.

Il-elle reconnaît alors qu’il-elle a le droit de  grandir,

Qu’il-elle a donc un présent et un avenir qui ne sont pas son passé, et qu’il-elle a la vie devant lui-elle,

Il-elle reconnaît que sa place lui est due et qu’il-elle en est indéplaçable,

Il-elle accepte de perdre le contrôle,

Il-elle accepte la totalité de sa place et de sa lignée en héritage,

Et alors…

Une onde parcourt la lignée, la sève s’écoule à nouveau, l’héritage de sagesse, de justesse et de paix se transmet. Chacun devient soutient solide, les enfants retrouvent un horizon dégagé aux possibles démultipliés, et surtout, surtout, quelque chose lâche. Parfois sur l’instant, parfois le soir, parfois quelques jours après. Quelque chose lâche à l’intérieur de celui qui a osé, comme une grâce.

Je savoure cet instant, car me reviennent toutes mes larmes tranquilles, sans tristesse, sans émotion, uniques, qui ont coulé en douceur en ce moment où quelque chose a lâché : une guerre, tout simplement. 

Nous sommes entièrement responsable de nos guerres intimes, et c’est tant mieux. Parce que nous sommes donc en pouvoir d’y mettre fin.

Constellons,

Daphne Labbé de Montais

L’héritage de nos lignées

Être en paix est une prière à soi-même qui ouvre au plus grand des courages.

D‘abord, reconnaître sa souffrance.

Puis, rencontrer ses ancêtres.

Explorer son arbre, d’abord proche, puis lointain. 

Être témoin de l’épanouissement de nos ancêtres par leur propre reconnaissance de ce qui est en leur pouvoir : voir la réalité telle qu’elle fut, et prendre leur entière responsabilité dans cette réalité. 

Voir et reprendre les responsabilités qui furent les nôtres.

Et enfin, le chemin de paix :

Accepter tout son héritage, et le réclamer. 

Demander et accepter ainsi que chacun reprenne sa juste place dans cet arbre de vie. 

Réclamer que chacun prenne sa place dans l’arbre, c’est réclamer que l’arbre soit vivant dans chacune de ses branches et que tous ses fruits soient pleins. C’est un droit fondamental. Comme un commandement : « Ta place est indissociable de ton être »

Ainsi nous rendons les armes et cessons de vouloir exclure certains, prendre la place d’autres. Nous les accueillons, tous, en réalisant que ce ne sont pas leurs personnalités que nous accueillons, mais ce qu’ils sont éternellement.

Voir que chacun dans cet arbre est éternellement vivant, que son empreinte est nourrie et vibrante des expériences vécues sous toutes les formes, dans toutes les dimensions, incarnées et non incarnées. 

C‘est donc réaliser que c’est un héritage de sagesse, de conscience, d’expériences, de compassion, de responsabilité, de réalisation. 

Accepter la totalité de son héritage, c’est accepter bien plus que les quelques ancêtres que nous connaissons, bien plus que ceux que nous pouvons imaginer, c’est accepter tout ce qui a vécu, qui est mort, et qui est encore et toujours en vie. C’est accepter l’existence elle-même. Car en suivant les branches, nous remontons jusqu’aux poussières d’étoiles, jusqu’à la première étincelle. 

Ainsi nous rendons les armes et acceptons la réalité telle qu’elle est, la vie tout simplement, sans négocier ni juger, sans résister ni culpabiliser.

Alors, on peut s’appuyer sur cet héritage pour avoir le courage ultime de regarder ses propres mains, et prendre, à notre tour, le pouvoir qui est le nôtre : prendre notre entière responsabilité présente et voir la réalité telle qu’elle est, toujours.

Et la paix s’immisce en nous, grandit tranquillement. 

Je vous souhaite de rencontrer cette prière à vous-même, celle d’être en paix.

Constellons.

Daphne Labbé de Montais

Deuils

Que sommes nous venu(e)s faire, ici, là où nous sommes ? En réalité, cette question est : que sommes nous venu(e)s faire sur Terre ?

Vivre.

Le deuil est un processus majeur de nos existences. Le deuil de toutes les expériences qui ont généré de la souffrance, mais aussi le deuil de toutes les expériences d’amour. Non pas parce que la souffrance ou l’amour a cessé, ni pour que l’expérience de l’une ou de l’autre cesse. Pour que les illusions nées de ces expériences disparaissent.

La première proposition – faire le deuil de nos souffrances – est parfois ce qui nous amène à nous engager dans des voies thérapeutiques qui nous permettent de nous alléger, d’éprouver de la joie à exister, de la paix à être qui nous sommes et ressentir de l’amour pour nous-mêmes comme pour les autres.

Faire tous les deuils de toutes les souffrances jusqu’à ressentir la grâce d’avoir vécu tout ce que nous avons vécu ; de reconnaître que ça n’a jamais été notre vie, mais La vie ; de ressentir la vibration de la joie d’être sur Terre et de vivre cette vie, de reconnaître et se souvenir de notre éternité, d’expérimenter l’amour inconditionnel qui est là et dont tout est issu.

Du point de vue des constellations systémiques, le processus proposé est celui qui permet de se détacher de nos liens avec toutes les situations qui nous ont fait souffrir, comme avec toutes les personnes que nous rendons responsables de nos souffrances. Rendre toutes les responsabilités, reprendre toutes les nôtres. Lâcher nos attachements à nos souffrances, à tous les bénéfices en lesquels nous croyons ainsi que le lien de cause à effet entre la souffrance et le bénéfice que nous avons imaginé, et repérer tous les bénéfices inconscients que nous récoltons à conserver nos attachements à nos souffrances. Traverser nos peurs, nos figements, nos détresses, nos colères, rendre ce qui nous a été confié ou déposé en nous, et reprendre ce que nous avons donné en échange.

Du point de vue du Reiki, c’est la dissolution de toutes les résistances au Rei (voir Reiki)

La deuxième proposition nous amène à étendre ce processus de deuil à toutes nos expériences d’amour et de tendresse pour laisser s’évaporer encore plus notre personnalité perçue du point de vue de la personnalité elle-même.

Redécouvrons cet anneau que nous sommes : au centre, du vide d’une densité en densification constante. Un centre de gravité qui ramène toutes les expériences au centre dans leur propre effondrement sur elles-mêmes. Un centre de gravité qui aspire dans une implosion constante toutes les illusions et croyances que toutes les expériences que nous vivons nous proposent de reconnaître comme telles. Jusqu’à ce que l’anneau de nos croyances et illusions s’amoindrisse et disparaisse tout à fait.

C’est le temps du deuil de tous ces regards et gestes d’amour et de tendresse. C’est l’aventure des deuils de tout ce qui a construit cet amour que nous avons pour nous-mêmes. Abandonner les regards et gestes de toutes les personnes qui nous ont aimé(e)s et dont nous avons fait nôtre le regard qu’elles posaient sur nous et dont nous avons fait nôtre la personnalité qu’elles projetaient sur nous et dont les projections, regards, gestes ont façonné autant notre personnalité que l’amour et la possibilité-même d’amour de notre Moi.

Reconnaître que nous avons fait nôtre cette personnalité parce que nous avons cru à tout ce qui sous-tendait ces regards et gestes : les croyances et la focalisation de notre entourage sur nos limites et finitudes liées à notre enveloppe physique, dans la confusion entre le corps et l’être. Nous avons cru au « je ne sais pas faire – je ne sais pas être » qu’elles projetaient sur nous. Nous n’avons pas imaginé que nos proches ne voyaient pas tout, qu’ils ne voyaient pas que l’enfant à la naissance sait, car il est. Nous n’avons pas vu que les proches peuvent dire « c’est trop pour toi » alors que la réalité est « c’est trop pour moi ». Et petit à petit, nous avons cru que c’était trop pour nous, ou pas assez. Nous avons perdu le lien avec notre centre de gravité, ce souffle qui nous anime tous, y compris les pierres. Et nous avons commencé à nous agiter, à nous laisser attirer par les centres de gravité des « autres ». Nous avons cru en leur existence en même temps que nous avons cru en la nôtre, en leur Moi en même temps qu’en notre Moi.

Du point de vue des constellations systémiques, c’est expérimenter encore le détachement à toutes les croyances « je ne sais pas faire – je ne sais pas être », par le détachement de l’attachement à toutes les personnes avec qui les liens d’amour ont été tels que nous croyons à « je ne sais pas faire sans elles – je ne sais pas être sans elles ». Renoncer à la croyance qu’elles nous apportent ce que nous manquons. Renoncer aux bénéfices dont nous croyons issus de ce qu’elles nous apportent. Reconnaître par expérimentation que nous sommes déjà ce qu’elles nous apportent et qu’il n’y a aucun bénéfice secondaire à la relation puisque rien n’est issu de ce qu’elles nous apportent puisqu’elles ne nous apportent rien que nous ne sommes déjà.

Lâcher nos attachements à tout ce que nous avons projeté à l’extérieur  que nous apporteraient les « autres »: notre sécurité, notre puissance, notre tendresse, notre amour, notre discernement, notre sagesse, notre « prendre soin ». Et reconnaître ainsi que cette personnalité n’est pas ce que nous sommes ni que cet amour est l’amour. Laisser l’anneau disparaître dans cet effondrement sur ce centre de gravité qui se densifie par cet effondrement.

Du point de vue du Reiki, c’est la dissolution de toutes les résistances au Ki. (voir Reiki)

Daphne Labbé de Montais

Être en paix

Être en paix.

C’est le seul état qui existe, tout le temps. Ressentir cette paix, c’est contacter cette confiance absolue que tout ce qui est vécu est un appel à intégrer l’expérience pour plonger, fusionner, devenir la seule réalité qui existe : l’état de paix. 

Laisser la tristesse s’exprimer, depuis cet état de paix qui ne cherche pas à s’en divertir ni à s’y complaire. La tristesse se dissout dans la paix, qui n’a pas disparue avec la tristesse. Laisser la joie se manifester, depuis cet état de paix qui ne cherche pas à la maintenir, ni à la supprimer, puisqu’il n’y a pas d’expérience meilleure qu’une autre. 

Se laisser traverser par l’expérience, quelle qu’elle soit, et répondre à l’appel de la fusion dans l’état de paix qu’elle propose.

L’espace des constellations est un espace où l’on demande courageusement de voir ce que l’on fuit. Puis de se laisser traverser par ce que l’on fuit en l’intégrant, en se laissant remplir et pénétrer, jusqu’à ce que cela aussi fusionne dans et avec l’état de paix. L’océan.

Se désillusionner et accepter de se désillusionner.

Se mettre en mouvement et accepter le mouvement, en présence. 

Faire l’expérience, que lorsque tous nos actes s’élèvent de notre intention de maintenir ou au contraire de transformer la réalité, de la contrôler afin d’échapper aux vagues, nous nous décentrons de l’océan et nous nous agitons perpétuellement dans les vagues, en allant de l’une à l’autre. 

Puis faire l’expérience que lorsque nous acceptons enfin l’existence des vagues, nous pouvons les accueillir depuis l’océan. Être immobile soi-même, laisser le reste être impermanent.

Chaque expérience n’est qu’un appel de la vie à fusionner dans cet état de paix. Cette fusion est une disparition, une verticalisation, un étirement, un enracinement. C’est l’expérience de la confiance inconditionnelle. 

C’est la résolution de toute constellation. 

Constellons.

La reconnaissance de la totalité comme expérience de la Liberté d’être

Il n’y a pas de distinction entre le manifesté et le non manifesté. Le manifesté est le manifesté du non-manifesté, le non-manifesté est le non-manifesté du manifesté. Le manifesté dans sa totalité est exactement le non-manifesté dans sa totalité.

ET, Chaque élément est la totalité, perçue à partir d’un point de vue. La totalité se perçoit dans chaque élément. Aucun élément n’est un morceau de la totalité. Aucun. Aucun élément n’est un morceau de la manifestation qui serait un morceau du non-manifesté. Il n’y a aucune séparation entre le manifesté et le non-manifesté. Le non-manifesté n’est pas une soupe à l’intérieur de laquelle un « on » viendrait piocher pour manifester un « truc ». Le non-manifesté est la totalité infinie, infinie dans ce qu’elle contient et infinie dans ses limites. Le manifesté est le non-manifesté, dans sa totalité. Nous apprenons à voir le manifesté et à ne pas voir le non-manifesté. Nous apprenons à croire que le non-manifesté est infini et que le manifesté est une partie du non-manifesté, et qu’il y a encore des « trucs » à manifester, qui se manifesteraient dans le temps. C’est une illusion.

En constellation systémique, il est bon parfois, lorsque la situation l’impose, de comprendre cette réalité. Comprendre qu’à l’origine de la réalisation du programme « corps humain » dans la fusion d’un spermatozoïde et d’un ovule, il n’y a pas un ovule qui serait la « maman » et un spermatozoïde qui serait le « papa », et que l’enfant qui naît serait « maman + papa ». Il y a tellement plus que « maman » dans l’ovule, et tellement plus que « papa » dans le spermatozoïde. Il y a l’humanité. Un enfant n’est pas un bout de « maman » ni un bout de « papa », il est l’humanité. Expérimenter ce décollement du matériel génétique des parents, ressentir toute l’humanité en soi et toute l’histoire de l’humanité en soi, c’est faire l’expérience vive que nous ne sommes pas nos parents. Ressentir toute la manifestation en soi et ressentir que ce manifesté est la totalité du non-manifesté, c’est ressentir que nous sommes la Totalité, et que nous pouvons donc être extrêmement différent de « papa + maman » et vivre un destin très différent. C’est bien de le dire, mais ce n’est pas parce que nous le disons que nous le comprenons, ni que nous le réalisons dans notre vie.

Nous croyons que nous sommes un bout de papa, un bout de maman, un bout de papa + maman, un bout de toutes nos expériences, un bout de …. Et que notre destin est inexorablement déterminé par nos lignées, par « papa », « maman » et « papa + maman ». Il est possible, petit à petit, de réaliser dans notre corps, dans nos gestes, dans nos paroles, dans nos envies, dans nos choix, que notre incarnation sur terre est permise par la fusion d’un ovule et d’un spermatozoïde. Fusion qui rappelle à notre souvenir la non-séparation. Non-séparation du manifesté et du non-manifesté. Non séparation à l’origine de la réalisation de ce corps que nous empruntons, comme à l’origine de tout le vivant.

Lorsque, pendant une constellation, un représentant dit très simplement « merci pour la vie » à l’un de ses parents, il ne dit rien d’autre que « je ne suis pas un morceau de toi, je ne suis pas un morceau. Je suis la totalité, tu es la totalité. Mon destin est d’exprimer cette totalité depuis un point de vue, ton destin est d’exprimer cette totalité depuis un autre point de vue.

Daphne Labbé de Montais

La voie du silence

La densité du silence qui s’impose à soi.

Qui rentre dans le corps, le corps qui s’incline parce que l’esprit s’incline, devant la grandeur du silence.

Le silence qui rentre dans les articulations, dans le squelette, dans les muscles.

Alors plus rien ne porte, plus d’effort. Juste le silence et sa présence.

Comment parle le silence? quels mots emploie-t-il ? Parle-t-il ou est il seulement mouvement ?

Mouvement et immobilité du silence. En même temps.

Quand le silence s’impose de toute sa densité, quelque chose disparaît, quelque chose qui n’était pas vivant.

Le silence fait de la place, il pousse, écarte, ouvre, et rempli de silence.

Le frémissement de la vibration du silence à l’intérieur.

Et la lumière, depuis l’intérieur, se libère de sa concentration.

Daphne Labbé de Montais

Les constellations ne sont pas une thérapie

Les Constellations sont un Mystère, une voie d’exploration de notre souffle intime, de la danse qui nous anime, de ce qui nous dépasse et que nous ne pouvons comprendre.

Les constellations sont une danse. 

Avec nos ancêtres. 

Avec les éléments. 

Avec le Mystère. 

Avec les étoiles et les planètes. 

Avec nos Cellules. 

Avec notre ADN. 

Avec les Atomes. 

Avec l’Histoire. 

Avec la Mythologie. 

Avec les Archétypes.

Se laisser être cette totalité que nous sommes, et, de constellations en constellations, laisser le silence prendre le dessus.

Se déposséder de nos croyances, de nos attachements à ce que nous croyons être, à un passé que nous construisons au quotidien, à un avenir que nous souhaitons modeler.

Contacter notre petitesse et cette tendre et généreuse bonté qui nous enveloppe.

Entre-apercevoir que quoi que nous soyons (espèces « animales » ou « humaines », éléments, planètes, minéraux, sons, émotions, sentiments, idées…) nous sommes tous cette même vibration qui se manifeste sous des formes infinies à l’infini.

Être ensemble, aussi, très simplement.

Daphne Labbé de Montais

Ichi

Ichi : Un

Commençons par ne pas le traduire, reprenons.

Commençons par ne pas connaître son nom.

Commençons pas ne pas savoir comment ça se prononce.

Commençons par regarder.

Un trait non séparé de l’espace autour. Autour, jusqu’à l’infini. Cet espace n’est évidemment pas vide. Il est plein. Infiniment plein, et infini – sans limites. Infini dans ce qu’il contient et infini par ses limites, qu’il n’a pas.

Il n’est pas « blanc », il n’est pas « vide », il n’est pas « rien », il est infiniment total. 

Il contient la ligne : un espace de densification. C’est la manifestation. Il contient un espace de manifestation de cette totalité infinie – infinie dans ce qu’elle contient autant que sans limites.

Cette ligne montre la manifestation. Elle montre que la totalité de la manifestation est issue de la totalité de l’infini. Elle montre qu’il n’y a aucune séparation entre la ligne et l’infini. Elle montre que la ligne est l’infini. Elle montre que toute la manifestation est l’expression de l’infini. Elle montre qu’il n’y a aucune différence entre la ligne et l’espace infini et infiniment plein. Elle montre que l’espace est cette ligne, et que la ligne est l’espace.

Comment appelez-vous cet espace ? Quel nom lui donnez-vous ? Quel que soit le nom que vous lui donnez, cette ligne donne à voir que « ça » et cette ligne ne sont pas séparés, que « ça » est cette ligne. Que « ça » est la manifestation toute entière. Qu’il n’y a que « ça« .

Cette ligne nous donne à voir ce que nous voyons mal : nous sommes la manifestation de cet infini, tous autant que nous sommes, quelle que soit notre apparence ou notre non-apparence. Nous sommes cet infini. Nous sommes cette totalité. Nous sommes « ça« .

Cette ligne non séparée de l’espace infini et infiniment plein qui la contient nous donne à expérimenter le « je suis seul(e), l’univers tout entier est seul, je suis UN »

Les Constellations, les séances individuelles, la géobiologie, le Reiki et son enseignement, sont un prétexte pour expérimenter, toucher du doigt, apercevoir, ressentir, approcher, dans notre intimité, ce UN. Car être, c’est être manifesté ; être manifesté, c’est manifester ce UN. Il n’y a aucune autre réalité, il n’y a pas d’alternative.

C’est ainsi que j’expérimente ce KANJI « Ichi » , et vous ? 

Daphne Labbé de Montais

Ce que nous possédons

A chaque croyance qui s’évapore, il y a de la place pour ce que nous sommes. S’incarner, jour après jour, c’est certainement se détacher de nos croyances.

Faire de la place en nous, se défaire de nos habitudes, de nos loyautés, afin de s’ouvrir au Choix, à tous les possibles. Garder ce qui nous soutien, ce qui nous libère, ce qui nous console, ce qui nous guérit, ce qui nous inspire. Se défaire du reste, tous les jours. Car il est possible de décider à chaque instant de vivre notre vie sans s’identifier à celle qui nous paraît avoir été la nôtre dans le passé. Il est possible de vivre un autre présent que le passé auquel nous nous sommes identifiés. Car il est possible de changer toutes nos habitudes. Et toutes les identifications ne sont que des habitudes. Toutes les loyautés ne sont que des habitudes. Toutes les croyances ne sont que des habitudes. Toutes nos petites voix, ne sont que des habitudes.

Partir en voyage, longtemps, c’est souvent l’expérience de perdre beaucoup de nos habitudes, de se décoloniser l’esprit. Partons en voyage dans notre quotidien, dans notre façon d’habiter notre existence. De nous habiter.

Grandir avec une maman qui ne regarde pas l’enfant, qui se regarde à travers les manifestations de l’enfant, c’est prendre deux habitudes (entre autres) : celle de regarder sa mère comme elle souhaite être regardée et celle de se battre pour qu’elle nous regarde. Et si nous décidons de perdre ces habitudes, d’accepter que notre mère soit la personne qu’elle est, et de prendre la nouvelle habitude de s’ouvrir et d’accueillir en soi toutes les « mères » justes qui nous entourent et qui nous regardent et se laissent regarder telles qu’elles sont ? Que se passe-t-il alors ? Qu’est-ce que cela change dans notre quotidien ? Comment l’énergie de la trêve (avec notre propre mère) et l’énergie de l’acceptation de toutes les manifestations de relations justes avec des femmes transforment concrètement toutes nos expériences ? Et nous est-il alors possible de se montrer telle que nous sommes, entièrement ?

Grandir avec un père violent peut créer deux habitudes (entre autres) : celle de vouloir briser et minimiser l’expression du masculin – sans discernement – y compris en soi, et celle de rechercher le lien avec le masculin que nous connaissons par « loyauté » envers son père (en réalité, par habitude). Que se passe-t-il si nous acceptons de faire de la place en nous en redonnant toute la responsabilité du comportement paternel au père, et de prendre toute la responsabilité de la conservation des habitudes ? Que se passe-t-il si nous acceptons d’abandonner le combat, de laisser le père tel qu’il est, et de s’ouvrir à toutes les manifestations du « père » juste, du masculin positif qui nous entourent ? Que nous arrive-t-il alors dans nos relations quotidiennes lorsque nous nous ouvrons et accueillons tous les « pères » justes, qui nous respectent ? Que se passe-t-il lorsque l’énergie du masculin est accueillie ?

Que se passe-t-il concrètement lorsque nous abandonnons nos habitudes de vie avec les féminins et masculins négatifs auxquels nous nous sommes identifiés et que nous prenons l’habitude de vivre avec les féminins et masculins positifs qui existent ? Que se passe-t-il lorsque nous acceptons d’accueillir la totalité de l’expérience en nous à partir de maintenant ?

Que se passe-t-il si je prends l’habitude d’accepter tout ce qui se présente à moi lorsque j’inspire ? La totalité de l’expérience ? Je remplis mes poumons bien autrement, mais pas seulement. Je fais aussi, et surtout, l’expérience que dans l’inspire, quelque chose inspire à travers moi, mon corps, et pas seulement dans les poumons. Et dans cet inspire totale, je fais l’expérience que ça s‘inspire (et pas seulement que ça inspire). Une boucle, un cercle. ça s‘inspire.

Que se passe-t-il si je prends l’habitude d’accepter que toute expérience est une proposition d’éveil ? Si je prends l’habitude d’accepter la totalité de chacune des expériences ?

Alors, comme un miracle, la grâce de ressentir s’élever en soi et à travers soi cette gratitude infinie d’avoir vécu toute la vie qui nous a été proposée, depuis le premier jour de conception jusqu’au dernier souffle, qu’elles qu’aient été et seront les expériences qui se sont succédées et continuerons de se succéder. Alors la grâce d’expérimenter que nous ne sommes pas ce corps mais que nous sommes avec lui.

Le vertige que nous n’existons pas, que seul « quelque chose » s‘existe.

Et cette gratitude est entière, soumise à aucune condition et restreinte d’aucune recherche de bénéfice secondaire. Et ce vertige ne procure aucune peur.

Nous ne possédons rien sinon notre responsabilité (en tant qu’individu, en tant que moi), tout le reste est en partage, car nous sommes tout. Nous comprenons que nous nous excluons de nous même lorsque nous excluons les autres (de leur place, de l’accès aux biens et service d’une société, de l’estime, de la rencontre, de notre écoute, de notre respect etc.). Nous nous incluons nous-même à nous-même quand nous accueillons la totalité de ce qui existe, quand nous accueillons l’autre.

Nous ne possédons rien si ce n’est notre responsabilité, tout le reste est en partage.

Nous sommes une totalité qui s‘expérimente. Nous sommes un regard qui se regarde.

Daphne Labbé de Montais

Accepter l’expérience

S‘il y a peu de résistance à concevoir d’accepter totalement, entièrement une expérience que nous trouvons agréable, il est beaucoup plus difficile de concevoir d’accepter totalement, entièrement une expérience traumatique.

Alors que nous nous dissocions lors d’une expérience traumatique, il y a quelque chose de nous qui refuse l’expérience, toute l’expérience entière, et qui dit NON à tout ce qui est en train de se passer, y compris l’Amour et la Compassion qui sont aussi là, toujours présents.

C‘est ce NON total qui rend difficile la voie de la guérison, l’accès à une nouvelle vie. Au moment où on accepte enfin l’expérience entière de l’événement, qu’on ne rejette rien de cette expérience, qu’on la prend entièrement en soi, que l’on en accueille vraiment la totalité, alors s’ouvre un espace d’abandon et de guérison. Parce que l’on cesse de dire NON, et que l’on dit enfin OUI.

On ne dit pas OUI à l’expérience pour qu’elle se reproduise, pour la revivre, mais on dit OUI à l’expérience parce qu’on est tout petit face à l’expérience qui est si vaste. On s’incline simplement devant la toute puissance de la Vie et devant notre petitesse, parce que ce n’est pas notre NON qui va changer les choses. Au contraire, c’est notre OUI qui bouleverse tout. En disant OUI à la totalité de l’expérience, aussi traumatique soit-elle, il y a un espace qui s’ouvre à l’intérieur de nous. L’espace d’accueil de l’Amour inconditionnel qui est toujours là. Cet espace contient la guérison du traumatisme.

Les Constellations apportent à travers l’acceptation de sa propre responsabilité un accès à cet espace d’accueil. Lorsque le représentant peut enfin dire qu’il rend toute sa responsabilité à l’autre, et qu’en même temps il reprend toute la sienne, sans la définir, ni la circonscrire, il ne dit rien d’autre que ce OUI à l’expérience toute entière. OUI à ce qu’il refusait d’accueillir jusqu’à présent, OUI aux conséquences de cette acceptation (l’Amour et la Guérison) comme il atteste de prendre l’entière responsabilité des conséquences du NON initial qu’il avait exprimé jusqu’alors.

Le « Bourreau », retrouve toute sa dignité en reprenant sa responsabilité, il retrouve son intimité avec lui-même, son regard est à nouveau entier car il se voit enfin entier et voit enfin entièrement la « Victime ». La « Victime » retrouve sa dignité en reprenant sa responsabilité, elle goûte à nouveau à la paix avec ce OUI.

Se diffuse alors, petit à petit, cette intimité avec la Vie qui consiste à s’incliner devant sa toute puissance, à attester de notre petitesse, à accueillir l’ensemble d’une expérience – ce qui nous est plaisir, ce qui nous est souffrance, et de nous ouvrir à ce qui est plus grand que cette expérience et qui est contenue en elle.

Daphne Labbé de Montais